Georges Dussaus - Porto. Texte de présentation
Rétrospective de l’auteur

Le Portugal de Georges Dussaud, ce pays qui semble si proche et si lointain, est un dictionnaire de sensations de délectation et de mémoire ; un document quasi secret de notre profond souvenir dans la nostalgie de l’absence .

En utilisant un contraste presque violent de clair-obscur, obligeant les cendres de la lumière à parcourir le papier apparemment déliées, comme des résidus de charbon, et gardant dans sa façon de regarder le monde, un humanisme indéfectible, Georges Dussaud a inventé pour nous, la gentillesse d’être et de vivre qui nous charme.

Peut être que la séduction du lieu et des personnes rendue par ces images soit précisément cette apparente contradiction entre le dur contraste de la lumière sur l’ombre, et la fragilité des sentiments.

Nous sommes comme en présence du même regard sobre de Miguel Torga, un regard que nous sentons être en même temps le notre et celui d’autrui, intime, mais dur et intransigeant – avec le soleil, la lumière, les visages, les gestes ; de cette intimité qui s’acquière par la connaissance de soi et des autres.

Et aussi, naturellement, la magie des cadrages, la composition parfaite, sans place pour le superflu.
Georges Dussaud croit encore en l’homme et ses parcours, ses occupations quotidiennes, il s’arrête dans la justesse de son regard, devant la beauté du paysage.

C’est donc ce pays parcouru durant 25 ans, figé dans ces images, auquel nous refusons l’analyse et oublions la couleur qui domine sur tout.

Ce n’est pas avec une simple nostalgie qu’on le regarde, c’est avec « saudade », ce regret de l’absence, ce triste et doux souvenir, qu’on le désigne par son nom.
La « saudade » est une nostalgie si portugaise, que nous voyons bien dans ces images quasi telluriques ; elle fait du passé un futur à venir, elle se présente toujours comme un saut vers l’inconnu, vers le mystère. C’est ça que nous voyons ici, cette pulsion, cette métamorphose, cette recherche.

Maria do Carmo Serén
Centre Portugais de la Photographie

Traduction du Portugais Arnaldo Baltazar